Deuxième spectacle dans un chapiteau mieux aéré et moins étouffant, celui de Michel Boutet. Là, c’est un enchantement. Une présence physique, une voix, une diction, une poésie et une musique qui vous accrochent au début du spectacle et vous tiennent jusqu’à la fin.
La guitare de Michel Boutet est accompagnée d’un violon (la charmante et talentueuse Delphine Coutant) d’un violoncelle et d’un piano, les instruments étant toujours employés là où la nécessité de la musique les convoque et jamais en excès. Musicalement, c’est superbe. Quant aux textes, ils sont une merveille de poésie, d’images, de chevauchement de mots, de réflexions et de bonheur. C’est le genre de spectacle qui nous fait « douter de la non-existence de Dieu », comme le chante Ricet Barrier !
Les portraits dressés, les histoires racontées avec brio dans les chansons bonifient le regard porté sur les gens, sur les destins, sur les trajectoires, sur les bonheurs et les vicissitudes des existences et sur les inquiétudes par rapport à l’avenir.
Avoir vu ce spectacle, cet homme enraciné dans le meilleur des traditions d’une région (la région nantaise), qui semble la générosité personnifiée, donne l’impression d’être soi-même meilleur. Ce spectacle m’a beaucoup marqué, et il est encore si présent dans mon esprit que je n’arrive pas encore à dégager toutes les causes du bonheur qu’il m’inspire. En tous cas les mots dont je dispose sont impuissants à exprimer l’effet qu’il m’a fait. Un spectacle rare. Un artiste extraordinaire. Une réécoute du CD s’impose dans le calme du retour pour retrouver au moins des parcelles de l’émotion de cet après-midi.
Rien que pour Michel Boutet, Barjac valait le déplacement.
(François BELLART)