EN PASSANT PAR BARJAC... Le problème avec le
Festival de Barjac, c'est qu'un mois plus tard, on se dit que, décidément, ça a l'air fini... Mais on n'y croit pas tout à fait.
Dans ce Nord du Gard, l'Ardèche ne pousse pas qu'un peu sa corne :
Jean FERRAT, qui repose sa fatigue de bel artisan à Antraygues, nous adresse, mine de rien, ses encouragements.
Francesca SOLLEVILLE, autre ardéchoise adoptée, nous offre au détour de la rue son sourire confiant, l'air de dire : "Tu es ici chez toi, en terre de parole, en terre de chansons. Et pour ne rien perdre du meilleur de toi, offre-le !"
JOFROI, maître du festival, roc doux, pose son bon regard sur le va-et-vient des derniers préparatifs.
Anne-Marie HENIN, roc frêle, vérifie, renseigne, se fait entendre quand on dirait qu'elle murmure.
SAMEDI 25 JUILLET En ouverture : "Poémez-vous" ! C'est le coup de chapeau à l'ami
Bernard HAILLANT.
Yvan DAUTIN y fut grandiose, surprenant, malin.
Rémo GARY, qui ne sait pas faire autrement, nous offrit avec une générosité qui confine à la déclaration d'amour rageuse, un "Homme qui pleure" d'anthologie.
Coline MALICE, du haut de ses quelques années, chanta avec conviction "Une mort douce" : la nôtre de conviction fut faite ! Cette Coline pourrait aller loin. Mais sur un chemin de chanson.
Je défendais trois titres : "La p'tite fille du cinquième", "Amours, amours, où êtes-vous", accompagné par la deuxième guitare lumineuse de
Didier DESMAS, et "Le vieil homme", ravi du piano de l'indestructible
Paul-André MABY. Le public de Barjac est attentif, exigeant sans doute, mais, quand il aime, il ne mesure pas son soutien. La rencontre fut heureuse et m'engagea dans une nuit reposante avant la "Ballade" prévue pour le dimanche.
DIMANCHE 26 JUILLET Autant l'écrire : cela valait le coup d'attendre un an (voir les épisodes précédents) !...

18h40.
JOFROI a fait la présentation. Les trois cent places du chapiteau sont occupées. Je sais que l'ami
PITON , frangin enchanteur, est là quelque part, qu'il espère beaucoup.
Charlotte PLISSARD qui préside aux lumières va découvrir le spectacle : cela ne l'empêchera nullement d'être toujours juste et inventive sans démonstration.
Michel BONHOURE, aux manettes de la sono, offre le meilleur de sa délicatesse infinie. C'est rare : nombre de personnes dans le public souligneront la qualité du son.
Quant à la belle équipe sur scène, faisons court : elle m'a offert un des plus beaux moments qu'il m'ait été donné de vivre sur les planches. Pour fêter quarante ans de scène (Eh oui ! Le premier contrat, c'était en 69, j'avais dix-sept ans...), je ne pouvais rêver mieux.
Jacques MONTEMBAULT (deux répétitions seulement avant ce spectacle !) révéla ce que nous savions : qu'il est un des tous meilleurs accompagnateurs pianistes dans le domaine de la chanson.
Delphine COUTANT, somptueusement enrobée de noir, fit chavirer le chapiteau, son violon n'y étant pas pour rien. Son charme non plus.
Valérie MONTEMBAULT, plus belle et gitane que jamais, confirmait avec force que mes chansons naissent souvent dans un violoncelle.
Il est rare de faire exactement le spectacle qu'on rêvait de faire. C'est ce qui est arrivé. Grâce à un public d'une rare générosité, le voyage fut formidable de bout en bout. Le tangage ? C'était l'émotion.
Sauf Michel Bonhoure, qui nous reprochera de l'avoir fait pleurer, nous n'avions nullement besoin d'être consolés, nous avons cependant bu le champagne qu'
Emmanuel HEIT, agent prévoyant, avait amené.
(Photos : Marie-Françoise Balavoine)