Le premier recueil en français de Petr Fensterviek sera publié en 2008. En voici un deuxième extrait.
LA VIEILLE ETAIT ASSISE
La vieille était assise, infiniment assise
Sa vie se noyait lente dans le fleuve
Ses jambes blanches et sa libre crinière
Elle aimait cette idée : disparaître
Imaginant le reste de la fourmilière
Combien avait-elle eu d'enfants
Elle se rappelait seulement d'un garçon
Blond comme l'or, souple comme au vent, chagrin comme le soir
Un poète, un poète avait surgi de son ventre
Et son ventre en fut illuminé pour toujours
Maintenant elle avait quitté la route, fuit les villages
Où les prêtres allumaient les brasiers
Elle, désertait le silence des hommes
Mettait à nu les femmes
Elle était jusqu'au coeur palpitant de la nuit
Le regard sombre des enfances
Petr Fensterviek.
(traduit du slovaque par Lee Tubomitch)