Il y a des semaines comme ça où la vie est belle autant que furieuse.

Dimanche 5 octobre, à Pouancé, création de la version en trio de « la ballade de Jean-Guy Douceur ».
Pour les ignorants, Pouancé est une grosse bourgade qui ne dort que d’un œil au nord du Maine-et-Loire. Entre autres veilleurs : les gars de la Compagnie Cosnet en leur théâtre de la Ferme-Auberge de l’Herberie. La ferme-auberge, on y mange, bien, des produits qui nuisent à la mauvaise santé, la faute à Marie-Pierre et Xavier qui ne savent pas ce que mal accueillir veut dire. Il y a des gens comme ça, probablement nés du croisement d’un sourire et d’une belle exigence.
Le théâtre, les gars de la Compagnie Cosnet l’ont monté de leurs mains de beaux faiseurs. C’est solide, chaud, pas prétentieux. Une invitation à jouer là se respecte. J’espère que nous étions à la hauteur. En tout cas, le public, venu nombreux, a chaudement, avec moi, félicité pour leur beau travail : Michel Bonhoure et son fin tricotage du son (ce garçon-là est un massif central de douceur), Yannick Brousse et les belles lumières qu’il nous a inventées en faisant attention à nous, au public, aux chansons et, enfin, mes Belles Cordes préférées : Delphine Coutant, ma violoniste souffre-douceur depuis trois ans, et, pour le bonheur de la musique et la jubilation de mes petits airs, la nouvelle (bien) venue Valérie Montembault et son violoncelle. La complicité de ces deux-là et leur respect de la chose racontée sont cadeaux.
Dans le public, des inconnus de passage, des gens venus exprès, des vieux fidèles : Pascal Aussi (et Agnès !) , de Rouen, dont je chantais pour la première fois « La caisse et la postérité ». Michel Lasserre (et Marie !), mon frère adoptif « artiste-plombier » qui organise régulièrement chez lui en Poitou des soirées-chanson qui finissent toujours en célébration de l’amitié. Les potes chanteurs, Paul Meslet, Gérard Pierron, Jean-Michel Piton… Et tous ces gens-là ont eu l’air de nous dire : « Continuez ! »
On va se gêner !...
La suite, c’était ce week-end, au Forum Léo Ferré à Ivry. Ce (très) haut-lieu de la chanson est un écrin. La faute à une équipe de bénévoles dont la détermination, la chaleur, le professionnalisme (oui !) sont un exemple. J’y jouais vendredi le « Barbouillot », et samedi « La ballade » avec Delphine. On vient prendre ici un bol d’humanité, une bouffée de tendresse, un quintal d’humour et deux ou trois Grimbergen. C’est du vivant pur jus. Forcément, ça met le chanteur moderne dans de bonnes dispositions. Heureux ?... Oui, en toute lucidité.
Monique Haillant était là (ben tiens : je logeais chez elle "aux petits oignons"). Le DVD du spectacle consacré au répertoire de Bernard Haillant le 4 décembre 2007 "Ils ont chanté ses mots", va sortir dans les jours qui viennent. On en reparle très vite.
Je vous bige !
Photo : "Zadig. Un peu de fraîcheur dans ce monde de faillites." (Photo : Violaine Boutet)