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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 06:20

DU REFUS DE LIRE LES LIVRES OBLIGATOIRES, DE L'AFFIRMATION QU'ON EST BIEN UN HUMORISTE DE GAUCHE, DES PETITS ARRANGEMENTS. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

Je l'affirme, le confirme et ne le défirmerai jamais (oui, je sais, le verbe "défirmer" n'existe pas, mais j'ai bien le droit, comme n'importe quel footballeur, d'inventer un mot nouveau, surtout quand ce mot s'entend sans problème alors même qu'on ne l'avait jamais entendu), je ne défirmerai donc jamais ceci, que j'affirme : on pourra se mettre à genoux devant moi, me couvrir d'or et de salsifis, ou me promettre les pires tortures, tel que l'audition des oeuvres complètes de Didier Barbelivien et des Frères Martineau, même sous la menace du plus effrayant des sévices, je ne lirai pas le livre de Valérie Trierweiler !... Jamais !... Pas plus que je n'avais lu celui d'Yvonne de Gaulle !

 

Ah, Yvonne de Gaulle ! Petite femme, devenue femme de sergent, puis femme de lieutenant, de capitaine, de lieutenant-colonel, de colonel et, pour finir, femme de général, tout ça en n'épousant qu'un seul homme ! Voilà de la polygamie qui, dans son économie, surtout en divorces, frise le génie !... C'est pas Carla qu'aurait trouvé ça !

 

Donc, je ne lirai pas le livre de Madame Trierweiler, bien que je ne doute en rien de son intérêt. Si l'on considère la couverture - oh, que voilà un mot bien choisi - que les journaleux offrent à leur collègue Valérie, elle est chaudement habillée pour plus de quatre saisons. Les chiffres de vente le confirment. Et si l'on considère l'ampleur, la richesse, la diversité des commentaires, ce livre doit rendre fort jaloux Stendhal soi-même, faire se retourner Proust dans sa tombe, et l'on risque d'assister bientôt à de graves dépressions chez les trois frères Lévy : Marc, Bernard et Henry.

 

Oui, ce livre est probablement de la plus haute importance, mais il se trouve que moi-même personnellement, des histoires de vengeance dans les couloirs de l'Élysée, je m'en contrefiche !... Au début, j'en étais un peu honteux. Deux psys plus loin, j'ai compris qu'ayant grandi à l'époque de Coty et du Général, il était quasi naturel que je me moque de la libido de nos dirigeants (je sais, j'eusse dû écrire "moquasse", mais c'est moitié fun, comme on dit).

Foin de digression grammaticale, vous n'imaginez pas combien une indifférence de ce type peut vous mettre au rang des bannis. Voilà t'y pas que je n'avais aucun avis sur "le" livre, que je ne pouvais, n'ayant consenti à le lire, pencher pour ou pencher contre, le dénoncer ou l'encenser, le tenir pour rien ou le défendre jusqu'à l'hallali !... Je ressentis alors un sentiment de solitude qui ne donne qu'une ridicule idée de l'infini.

 

Sur ces entrefaites, il était tard ce samedi soir, comme chantait Vassiliu, j'allume ma télé et je tombe sur une de ces émissions où l'on cause, à défaut d'y faire de la vraie télévision, émission populaire animée par le stakhanoviste et talentueux Laurent Ruquier, qui avait eu la bonne idée d'inviter un de ces humoristes officiels de la gauche, et j'en aime certains, en l'occurence Monsieur Jean-Michel Ribes, qui est rond comme son théâtre, ce qui le rend vite sympathique. Sympathique, il l'était à mes yeux depuis "Merci Bernard" et "Palace", de jubilante mémoire.

Ce samedi, Jean-Michel Ribes avait choisi la position du tireur, non pas couché, mais assis, dans un fauteuil de télévision. Sa cible : Valérie Trierweiler. Il n'avait pas de mots assez forts pour dénoncer l'ignominie de la dame. Il en perdait son humour. Le dernier défenseur de la Hollandie était devant nous ! J'entendais Hugo, et Eddy Mitchell, nous répéter : "S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !" Valérie ne pouvait s'en relever !

 

Ultime démonstration de notre héroïque avocat du pauvre François : "Cet après-midi, je signais dans une librairie. Je n'ai accepté cette signature qu'à la condition qu'on n'y vende pas le livre de Trierweiler. Ce qui était le cas."

Et là, Monsieur Ribes était sérieux comme John Wayne avant sa dernière mission pour sauver la patrie. Les trompettes n'ont pas sonné. Dommage.

 

Vous ne le savez peut-être pas, mais l'émission en question est enregistrée le jeudi. Et jeudi, moi, j'y étais à Paris. Plus précisément, à la librairie Gibert où j'aime à chercher quelque livre introuvable. Il y en a beaucoup qui nous y attendent dans la plus parfaite quiétude. Cette quiétude était à peine dérangée par ce qui se passait dans un recoin de l'établissement. Là, un auteur connu répondait, en visant ses chaussures, aux questions plus ou moins convaincues d'une animatrice devant une toute petite douzaine de personnes. Je trouvai cet aparté charmant. À deux pas de là, un joli tas de livres de Valérie qui-vous-savez. Et, heureusement, beaucoup d'autres, lisibles.

Et l'auteur s'appelait Jean-Michel Ribes.

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout.

 

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                                                     (Photo : MB)

 

Cette chronique a initialement été proposée aux auditeurs de l'émission "On est là pour voir le défilé" que je co-anime avec mon complice Pascal Laborie, sur l'antenne de Radio-G, à Angers.

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Published by Michel Boutet
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commentaires

Christian BONNAUD 28/09/2014 07:52

Tout simplement merci Michel

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