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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 14:39

"On la trouvait plutôt jolie, Lily

Elle arrivait des Somal..."

Non !... Non, non !...

Cette fois... elle n'arrive pas.

Désolé, m'sieur Perret !

Published by Michel Boutet
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 18:16

DE L'INCONVÉNIENT D'AVOIR DES AMIS. DE LA MÉFIANCE COMME PIERRE D'ANGLE DE LA PENSÉE. DES EAUX TROUBLES ET DE LA CHASSE AU LAPIN. DU DIABOLIQUE PAR NATURE CHEZ LA FEMME. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

On ne se méfie jamais assez des amis ! Lundi soir dernier, j'étais convié par un Jean-Claude de mes connaissances au concert que donnait à Angers un duo bolivien.

Sachez d'abord que pour moi "duo" rime avec "Stone et Charden", et "Bolivie" avec ces groupes assidus dans les couloirs du métro à engluer leur musique dans un nuage de sons entremêlés qui évoque le bon goût de Monsieur Hamilton dans ses photographies de nymphettes. "Duo bolivien", j'avais quelque raison de me méfier.

Amical mais vigilant, je me rendis au concert tout en réfléchissant au fait que ce duo se fait appeler "Entre dos aguas" !... "Entre deux eaux" !... Pourquoi "Entre deux eaux" ? Ce nom n'est pas franc. De quelles eaux s'agit-il ? Je tirai rapidement la conclusion qu'en s'affichant sous une telle dénomination ce duo souhaitait noyer le poisson, nous tirer vers des eaux troubles. "Entre deux eaux" !... C'est clair : on veut nous embrouiller ! Ce sont là des adeptes de la théorie du genre qui agissent en sous-marins, c'est pas douteux !

Mon Michel, que je me suis dit, pour pouvoir le dénoncer, il te faut te rapprocher du diable ! Ce que je fis tout en commandant une bière.

 

Le diable, ce soir-là, avait les traits d'un jeune guitariste très visiblement inca ! J'ai tout de suite reconnu un de ces méchants qui laissent leur lama cracher sur notre Capitaine Haddock dans "Le temple du soleil" !... Accordons à ce guitariste d'avoir tout fait pour qu'on le tienne pour un virtuose, alliant la puissance à la nuance, proposant de ces choses dont on ignorait qu'on put les faire avec une guitare. Il s'y entendait en musique, et c'est bien ce que nous entendîmes. Mais pour autant qu'allait-il afficher ce sourire franc et direct avec quoi il voulait en fait assommer nos dernières méfiances ? Tant de talents montrés et partagés, c'est suspect !

Si la police m'entend, son nom est Mau (prononcez "Mao") Montero Cardoso. "Mao"... Ce n'est pas moi qui le dit !

 

Le diable, ce soir-là, avait aussi les traits, oh, en tous points parfaits, esthétiquement irréprochables, d'une pétillante jeune femme. Comment dire, sans être indécent ?... Une de ces femmes qui habitent leur corps comme si elles habitaient chez elle. Celle-ci, de plus, chantait comme on ne doit pas ! Une honte !... Je m'explique.

Si l'on veut que l'homme garde toute sa conscience, toute sa lucidité, toute sa puissance, autant de qualités qui lui permettent de partir à la conquête du monde, à l'assaut des possibles, à la guerre aux mécréants et à la chasse au lapin, il faut interdire séance tenante le spectacle dégradant de ces femmes dévoyées, chantant complaisamment les plaisirs pervers, célébrant par l'exemple les joies convulsives de la danse dans ce qu'elle a de plus satanique, et le prouvant dans des postures lascives qui, en ce funeste lundi, chamboulèrent chez moi, d'ordinaire si placide, des tas de paramètres, d'équilibres et d'humeurs généralement stables. Dit autrement : elle m'a énervé !

Pour finir, elle osa raconter à nos oreilles aveuglées (oui, je sais, j'y vais un peu violemment dans la métaphore, mais c'est pour la bonne cause)... Elle osa raconter, donc, avec une innocence affichée à faire pâlir Bernard Tapie soi-même de jalousie, et un sourire à chavirer le plus abstinant des moines, qu'en une certaine région des plus chaudes de Bolivie, les femmes sont à la même température, et ravies de cet état en quoi Lucifer les tient.

Quelle horreur !... Et cette horreur s'appelle Melo Herrera Leon. Je dis ça pour mes amis du "Front Vigilance et Indochine" qui nous suivent.

 

Quand je pense qu'il eût suffit que cette Melo Herrera Leon naisse en Arabie Saoudite pour qu'on n'en entende jamais parler, mieux, pour qu'on ne sache jamais rien de ses envies, de ses espoirs, de ses désirs, je me dis que Dieu a tout bien fait le monde, mais qu'il a dû se relâcher sur la Bolivie.

La preuve : il n'y a pas de MacDo en Bolivie ! Ce peuple inférieur a tout simplement viré cette vénérable entreprise de son territoire. Des sauvages, je vous dis !

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout !

Et, pendant que j'y suis, n'oubliez pas de lire, ou de relire, Alexandre Vialatte et ses Chroniques de La Montagne.

 

 

 

 

Published by Michel Boutet - dans Chronique
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 18:39

Je ne sais pas dessiner... Aussi, je fais des collages.
Celui-ci à partir d'un dessin de 2012 de Monsieur Plantu.
Façon pour moi de lui rendre hommage pour son oeuvre et son engagement.

 

 

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Published by Michel Boutet
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 10:33

DU PEU DE DISPOSITION DE MES AMIES À ENVISAGER ÉRIC ZEMMOUR. D'ÉRIC ZEMMOUR SOI-MÊME DANS SON TRAIN HABITUEL. DE L'INTRUSION DE GÉRARD MOREL DANS UN DÉBAT INFRÉQUENTABLE. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

Pour avoir sondé le coeur, voire l'esprit, d'un certain nombre de mes amies du beau sexe, je fais le constat, sans trop d'amertume d'ailleurs, que Monsieur Éric Zemmour ne plait que fort modérément à la gent féminine, du moins celle que je préquente. Et ceci malgré une allure, je parle de Zemmour, qui suggère assez clairement que notre homme est enjoué, ouvert, bienveillant, enfin dans des limites fixées par lui-même et les obsessions qui l'habitent.

Mais pourquoi vous entretenir de la cause d'Éric Zemmour quand il y a tant de choses intelligentes à faire par ailleurs, me demanderez-vous, pour peu que je vous laisse la parole ? Tout simplement parce qu'un certain succès de librairie le concernant m'interroge grandement, me dérange aux entournures, me tarabuste supérieurement et me turlupine sévère !

Je savais une partie de la France portée à collaborer avec des idées qui tiennent de la boule puante. Je n'ignorais rien de ce réflexe qui consiste à tenir l'autre, puisqu'il est autre, comme systématiquement responsable de nos malheurs. Avec Monsieur Zemmour, l'autre, c'est d'abord une moitié de la planète, les femmes, puis trois quarts de non-civilisés, puis quelques dixièmes de "causant même pas français d'abord". Enfin, ça nous ramène au Moyen-Âge, que je n'ai pas connu personnellement, mais dont j'ai idée depuis Michel Droit et quelques autres, trop nombreux, qui voulaient, par exemple, renvoyer Simone Veil à ses fourneaux.

 

Foin d'humour sinistre, je vois bien que la bête est fort tentée de revenir. C'est le fruit de beaucoup de lâchetés rassemblées, c'est le résultat d'une inculture savamment distillée par "ceux qui mettent des fleurs à vos chaînes", comme le chantait Jacques Bertin.

Zemmour écrit, entr'autres, que Pétain était finalement assez fréquentable. Rappelons que cet excellent homme avait édicté des lois fort sympathiques à l'endroit des Juifs, lois que l'occupant ne lui demandait pas. Ce discours est assez écoeurant, c'est de la pseudo-pensée, et ça n'est même pas porté par le désespoir. Ce serait à ignorer s'il n'y avait pas de conséquences à redouter de ces glissements nauséabonds qui encouragent autant le nazillon rasé tendance kronembourg et nerf-de-boeuf que le barbu explosif en attente des sept vierges promises.

Allez, je sais, j'exagère. Et puis mon médecin me conseille d'éviter les crispations. Alors, ça suffit avec Zemmour !

 

Laissez-moi à présent vous parler de mon ami Gérard Morel ! Preuve que, malgré mon âge, je reste encore assez doué pour le grand écart.

Pour ceux qui l'ignoreraient, et je connais du monde en Papouasie et à TF1 qui l'ignore, Gérard Morel est un des plus sémillants chanteurs de la planète chanson "non crétinisante", comme dit quelqu'un*. Depuis des lustres, il trimballe ses jeux de mots rigolards, ses savantes comptines, ses chansons morales et tendres sur les routes de Navarre et de France. Je crois même qu'il est passé par la Vendée.

Excusez du peu, il est auteur, compositeur, interprète, comédien, metteur en scène, président du centre de la Chanson pour le plus grand bien d'icelle. C'est un vrai chef de bande qui, pour avoir fréquenté les mauvais jours, a un féroce appétit de la vie, avec un sourire, quelquefois ironique, qui désarme fissa plus d'un belliqueux. Il estime, avec Nicolas Poussin, que ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait. Il affiche cette détermination dans toute sa superbe prestance qui lui vaut de s'habiller dans du large quand ce n'est pas dans de l'ample.

Vous l'aurez compris, j'ai ma préférence. Elle me place à trois amas de galaxies de Zemmour et m'offre de satelliter autour de Gérard Morel. Morel, qui a également un beau coup de fourchette, voire de cuillère et de couteau. Invitez-le à votre table, il est capable d'accepter, pour peu qu'elle affiche de belles promesses. Et les miettes qu'il laissera, ce sera pour faire joli.

Toutefois, défaut à la cuirasse, notre homme ne mange pas de tout. Il a ses dégoûts, il renâcle devant certains plats, torse la goule en humant certains bouillons. Ce qui lui valut cette superbe remontrance d'un sien ami qui le trouvait bégueule : "Toi, Morel, des fois, tu mérites pas d'être gros !"

 

Et mon (mauvais) esprit de divaguer sur ce que Monsieur Zemmour mérite ou ne mérite pas d'être...

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout.

 

 

* Jean-François Grandin. Radio Marmite.

 

 

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                                                         Photo : Pierre Bureau

Published by Michel Boutet
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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 06:20

DU REFUS DE LIRE LES LIVRES OBLIGATOIRES, DE L'AFFIRMATION QU'ON EST BIEN UN HUMORISTE DE GAUCHE, DES PETITS ARRANGEMENTS. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

Je l'affirme, le confirme et ne le défirmerai jamais (oui, je sais, le verbe "défirmer" n'existe pas, mais j'ai bien le droit, comme n'importe quel footballeur, d'inventer un mot nouveau, surtout quand ce mot s'entend sans problème alors même qu'on ne l'avait jamais entendu), je ne défirmerai donc jamais ceci, que j'affirme : on pourra se mettre à genoux devant moi, me couvrir d'or et de salsifis, ou me promettre les pires tortures, tel que l'audition des oeuvres complètes de Didier Barbelivien et des Frères Martineau, même sous la menace du plus effrayant des sévices, je ne lirai pas le livre de Valérie Trierweiler !... Jamais !... Pas plus que je n'avais lu celui d'Yvonne de Gaulle !

 

Ah, Yvonne de Gaulle ! Petite femme, devenue femme de sergent, puis femme de lieutenant, de capitaine, de lieutenant-colonel, de colonel et, pour finir, femme de général, tout ça en n'épousant qu'un seul homme ! Voilà de la polygamie qui, dans son économie, surtout en divorces, frise le génie !... C'est pas Carla qu'aurait trouvé ça !

 

Donc, je ne lirai pas le livre de Madame Trierweiler, bien que je ne doute en rien de son intérêt. Si l'on considère la couverture - oh, que voilà un mot bien choisi - que les journaleux offrent à leur collègue Valérie, elle est chaudement habillée pour plus de quatre saisons. Les chiffres de vente le confirment. Et si l'on considère l'ampleur, la richesse, la diversité des commentaires, ce livre doit rendre fort jaloux Stendhal soi-même, faire se retourner Proust dans sa tombe, et l'on risque d'assister bientôt à de graves dépressions chez les trois frères Lévy : Marc, Bernard et Henry.

 

Oui, ce livre est probablement de la plus haute importance, mais il se trouve que moi-même personnellement, des histoires de vengeance dans les couloirs de l'Élysée, je m'en contrefiche !... Au début, j'en étais un peu honteux. Deux psys plus loin, j'ai compris qu'ayant grandi à l'époque de Coty et du Général, il était quasi naturel que je me moque de la libido de nos dirigeants (je sais, j'eusse dû écrire "moquasse", mais c'est moitié fun, comme on dit).

Foin de digression grammaticale, vous n'imaginez pas combien une indifférence de ce type peut vous mettre au rang des bannis. Voilà t'y pas que je n'avais aucun avis sur "le" livre, que je ne pouvais, n'ayant consenti à le lire, pencher pour ou pencher contre, le dénoncer ou l'encenser, le tenir pour rien ou le défendre jusqu'à l'hallali !... Je ressentis alors un sentiment de solitude qui ne donne qu'une ridicule idée de l'infini.

 

Sur ces entrefaites, il était tard ce samedi soir, comme chantait Vassiliu, j'allume ma télé et je tombe sur une de ces émissions où l'on cause, à défaut d'y faire de la vraie télévision, émission populaire animée par le stakhanoviste et talentueux Laurent Ruquier, qui avait eu la bonne idée d'inviter un de ces humoristes officiels de la gauche, et j'en aime certains, en l'occurence Monsieur Jean-Michel Ribes, qui est rond comme son théâtre, ce qui le rend vite sympathique. Sympathique, il l'était à mes yeux depuis "Merci Bernard" et "Palace", de jubilante mémoire.

Ce samedi, Jean-Michel Ribes avait choisi la position du tireur, non pas couché, mais assis, dans un fauteuil de télévision. Sa cible : Valérie Trierweiler. Il n'avait pas de mots assez forts pour dénoncer l'ignominie de la dame. Il en perdait son humour. Le dernier défenseur de la Hollandie était devant nous ! J'entendais Hugo, et Eddy Mitchell, nous répéter : "S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !" Valérie ne pouvait s'en relever !

 

Ultime démonstration de notre héroïque avocat du pauvre François : "Cet après-midi, je signais dans une librairie. Je n'ai accepté cette signature qu'à la condition qu'on n'y vende pas le livre de Trierweiler. Ce qui était le cas."

Et là, Monsieur Ribes était sérieux comme John Wayne avant sa dernière mission pour sauver la patrie. Les trompettes n'ont pas sonné. Dommage.

 

Vous ne le savez peut-être pas, mais l'émission en question est enregistrée le jeudi. Et jeudi, moi, j'y étais à Paris. Plus précisément, à la librairie Gibert où j'aime à chercher quelque livre introuvable. Il y en a beaucoup qui nous y attendent dans la plus parfaite quiétude. Cette quiétude était à peine dérangée par ce qui se passait dans un recoin de l'établissement. Là, un auteur connu répondait, en visant ses chaussures, aux questions plus ou moins convaincues d'une animatrice devant une toute petite douzaine de personnes. Je trouvai cet aparté charmant. À deux pas de là, un joli tas de livres de Valérie qui-vous-savez. Et, heureusement, beaucoup d'autres, lisibles.

Et l'auteur s'appelait Jean-Michel Ribes.

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout.

 

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                                                     (Photo : MB)

 

Cette chronique a initialement été proposée aux auditeurs de l'émission "On est là pour voir le défilé" que je co-anime avec mon complice Pascal Laborie, sur l'antenne de Radio-G, à Angers.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 07:36

DE LA PERMANENCE DES INTERMITTENTS À VOULOIR EMPÊCHER QU'ON DANSE SUR LE PONT D'AVIGNON. DES ÉLANS D'AMOUR DE JEAN-PIERRE NIOBÉ À L'ENDROIT DES MINISTRES VACILLANTS DANS LEUR PROBITÉ. DU RAPPEL DE LA DEVISE DE CERTAINE RÉPUBLIQUE. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT !

 

La chose se sait bien au-delà de Briollay où il réside, Jean-Pierre Niobé, comédien, chanteur, chef de troupe musicante et jubilante, c'est "un p'tit gars qu'a du coeur", comme on dit chez moi.

Personnellement, j'avoue que je ne suis pas insensible à la plume, la voix, la générosité, la curiosité, le goût pour le vrai, et l'exigence du bonhomme. Pour un peu, je vous en dirais du bien !...

Jean-Pierre Niobé, qui enchante dans nos campagnes et bien au-delà, c'est aussi un intermittent !... Intermittent, voilà un mot qui sent bon la polémique, voire l'embrouille. En Avignon, quelle danse se prépare ? Celle de la fête, ou celle de la défaite ?

 

Jean-Pierre, lui, il y tient, faute de mieux, au statut de l'intermittence. Il y tient pour des raisons de république, des raisons de "liberté-égalité-fraternité", des raisons qui font que la cause du commerce, à ses yeux, voire à son coeur, qu'il a grand, vaut moins que la cause de la dignité, de l'éducation, de l'intelligence au service de l'humain. Il y tient tellement à ces raisons qu'il s'est fendu d'une lettre ouverte à Monsieur Rebsamen, ci-devant ministre de l'emploi, lettre que je vous convie à lire (en tapotant "lettre, niobé, rebsamen", vous tomberez dessus direct).

 

Disons-le tout de suite : Niobé-Rebsamen ne sera pas le couple de l'année. Et pas seulement du fait de l'hétérosexualité de l'ami Jean-Pierre. D'ailleurs, avouons-le à sa place : Niobé aime les hommes, surtout les hommes de parole ! Et sur cette question de la parole, je sens comme un léger agacement dans les mots pesés de sa lettre. Il est vrai que Monsieur Rebsamen, pour faire court, est cet homme qui avait fait la promesse aux Dijonnais de rester à la tête de la mairie s'il y était élu, quelques soient les sirènes qui pourraient l'appeler à de plus pétillantes occupations. C'est le même qui, il y a quelques mois, dénonçait l'accord qu'il valide maintenant, en apportant, à l'époque, son soutien indéfectible à des intermittents, dont il doit trouver à présent que la permanence dans la revendication commence à bien faire.

 

Dans sa lettre, Niobé précise que peu d'intermittents sont en prison pour des raisons d'enrichissement personnel autant qu'illégal. En creux, s'il avait voulu faire plus d'argent, il se serait rapproché de la politique. En creux du creux, les politiques n'aiment pas qu'on leur fasse de procès d'intention : qu'ils commencent en ne laissant pas entendre que les intermittents sont d'abord des gens qui abusent et profitent. La question est : qui la veut vraiment, cette république ? Et si on affirme son avènement, quels choix, quels parti pris, quels engagements suppose-t'elle ? Alors il faut bien de temps en temps dénoncer les trafiquants et les usurpateurs.

 

À la fin de sa missive, que je vous invite vraiment à lire, et dont vous aurez compris que je la cosigne volontiers, Niobé propose d'aller casser la gueule au fringant carriériste. Que Monsieur Rebsamen se rassure : cette menace a tout de la virtualité. Et si notre ministre a aujourd'hui une gueule moins avantageuse, au point qu'on espère qu'il a du mal à se regarder en face, c'est à lui-même qu'il le doit.

Je précise tout ça car je ne voudrais pas avoir à visiter Niobé en prison : cet homme-là fait une allergie aux oranges. Et aux jaunes aussi, en passant.

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout !

 

P.S. Mon cher Jean-Pierre, ce coeur, que tu as grand, ménage-le : on est nombreux à en avoir besoin.

 

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                                     Photo : Marc Chevalier (droits réservés, site Niobé)

 

 

(Cette chronique a été initialement proposée le 25 juin 2014 aux auditeurs de l'émission "On est là pour voir le défilé", que je co-anime avec mon ami Pascal Laborie, sur Radio G, 101.5 à Angers. Brigitte Livenais était notre invitée.)

Jean-Pierre Niobé, entouré de "sa gang", jouera au festival d'Avignon du 5 au 27 juillet, à 20h40, au Théâtre des Lucioles. Réservations : 04.90.14.05.51. Son site : http://jpniobe.wix.com/niobe-site

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 15:56

DE LA GRATUITÉ DES MANIFS. DE L'AVANTAGE DU RETRAIT EN POLITIQUE POUR N'ÊTRE POINT ENGROSSÉ. GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.


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Sans être plus rapiat que ça, je suis cependant porté sur l'économie. Mon vieux père me le disait souvent : quand c'est gratuit, profite !... Dimanche dernier, je traînassais à la maison : j'avais regardé la messe sur France 2, et Télé Foot, que j'avais enregistré. Oui, je préfère enregistrer Télé Foot et le visionner juste après la messe. Question de concentration : pour Télé Foot, il faut être bien concentré !

Donc, en ayant fini avec mes deux émissions préférées, je m'ennuyais. J'ouvre le Courrier de l'Ouest-France, mon journal local, et je me mets en quête d'une distraction, gratuite de préférence.

Je n'en trouve qu'une qui me paraisse alléchante : cela s'annonce convivial, sympathique, bien fréquenté. Il s'agit d'une manif ! De plus, cette manif est dite "pour tous".

Bien que me distinguant régulièrement par une originalité d'assez bon aloi (on me tient pour chanteur de temps en temps), je considère volontiers être du peuple, je ne crains pas de serrer la main de ma boulangère, je salue sans morgue mon plombier, y compris si je le croise un dimanche, donc vous comprendrez que "pour tous" ne me pose aucun problème. J'aime le monde !

Du monde, il y en avait, à la manif pour tous. Du beau monde ! Qui doit aimer lui aussi les distractions gratuites.

 

Quand je pense que j'aurais pu dilapider une part de l'héritage destiné à mes enfants en achetant un billet de cinéma pour aller voir, en version originale, un film ouzbek contestataire, je me dis que je l'ai échappé belle ! J'ai bien fait d'y aller à la manif pour tous.

D'abord, il y avait là beaucoup de gens bien mis, des jeunes filles proprement vêtues, en jupes, pour la plupart, des jeunes hommes au cheveu ras, qui connaissaient d'ailleurs des chansons assez comiques concernant nos concitoyens juifs, et lançaient des slogans facétieux à l'endroit de nos amis invertis.

En tête de cortège, un jeune abbé en soutane, avec cet air de conviction propre aux êtres éclairés, dénonçait avec pertinence la fâcheuse tendance des étrangers à se montrer souvent xénophobes à notre égard.
Plus loin, une femme d'âge respectable chantait un pot-pourri qui allait de "Je suis chrétien, voilà ma gloire" à "Fille de Sion, réjouis-toi" en passant plus ou moins par la Lorraine, Jeanne d'Arc, veux-je dire. Je connais bien tout ça : quand j'étais enfant, j'avais une préférence pour "Fille de Sion", même si j'écrivais "sillon" comme celui de la Marseillaise.

 

Plus loin, un homme, arborant une écharpe tricolore qui lui allait bien au teint, surtout le rouge, chantait dans un mégaphone un hymne à la gloire de Charles Martel. Je me rapprochai de lui et, fort de mes origines poitevines, lui racontai une petite blague qu'on servait dans les cours d'école : Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers en 404 !... On rit, on rit.

Cet homme, maire d'une petite commune des environs, me prit en sympathie et, s'avisant de mes limites dans la connaissance des choses politiques, m'expliqua que le gouvernement, qui préside, sinon illégalement, du moins illégitimement, aux destinées de notre cher pays, s'apprêtait à faire voter des lois grâce à quoi on obligerait bientôt les jeunes filles à se marier entre elles et à se faire avorter suite aux fécondations médicalement assistées qu'on allait leur imposer !

C'est beaucoup d'horreur pour un homme comme moi. J'ai tout vomi mon déjeuner sur ses chaussures !

Après ça, j'ai retrouvé mon 4 x 4, et je suis rentré à la maison en écoutant Didier Barbelivien. Un beau dimanche !

 

Ah, j'allais oublier : le lundi qui suivit, le gouvernement, pour ne pas se trouver engrossé d'un embarras fâcheux, a décidé d'adopter la technique contraceptive dite du retrait, et a renoncé à un certain projet de loi sur la famille.

C'est payant, les manifs gratuites ! Et puis c'est pour tous.

 

C'est comme ça que Lagaffe et Dieudonné sont à vendre. Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout !

 

(Chronique prédemment offerte aux auditeurs de l'émission "On est là pour voir le défilé", que je co-anime avec mon ami Pascal Laborie, sur Radio G, et qu'on peut retrouver sur le blog "oelpvld".)

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 16:07

DE L'ABONDANCE DES BONNES NOUVELLES EN 2014, DE L'AVANTAGE DE COMPTER EN MATCHS, GRANDEUR CONCOMITANTE D'ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

J'ai une bonne nouvelle, et une bonne nouvelle. Commençons par la bonne nouvelle : ça y est, nous sommes en 2014 ! Je craignais qu'on n'y arrive pas tellement notre pays semblait poussif, morose, fatigué. Mais finalement, après avoir épuisé 365 journées et autant de nuits, nous y voilà ! Notre Président nous l'avait d'ailleurs annoncé dès le 31 décembre, vers 20 heures : "C'est bientôt 2014 !". Moins de quatre heures plus tard, la chose se vérifiait. Le Président avait tenu ses promesses. Alleluia !

 

2014, que je me suis dit à minuit et demi, après douze huîtres et dix bulots, ça a l'air rudement bien !... Là-dessus, j'allume la télé et j'apprends avec intérêt, en faisant des parts dans la bûche traditionnelle, qu'en Centre-Afrique on a commencé à couper les enfants en deux. Pour la raison qu'ils sont chrétiens, disent les musulmans. Au prétexte qu'ils sont musulmans, abondent les chrétiens !... Rendons grâce aux dieux de toutes les espèces qui ont si soif que leurs disciples se précipitent pour leur servir des demi-enfants sans surseoir et sans états d'âme.

 

Quatre matchs plus loin (il y a toujours un match, alors maintenant je compte en match, ma fiancée, qui n'a pas de montre, compte en match, elle aussi, et elle affectionne particulièrement le temps additionnel, surtout quand le commentateur précise que "l'arbitre a décidé d'ajouter quatre minutes de temps additionnel en plus"), donc, quatre matchs plus loin, arrive Dieudonné !... Mon coiffeur, qui est si gentil dans la vie que, mis à part les cheveux, il ne s'en prend jamais à rien, ni à personne, m'a demandé : "Qu'est-ce que tu en penses, toi, de l'affaire Dieudonné ?..."

 

Douloureuse question. Réponse à risque... Dieudonné... Déjà, le nom, je me méfie. Avec un patronyme pareil, on se prend vite pour un élu !... Mais, après avoir longuement réfléchi, tandis qu'il me massait le cuir chevelu, je lui ai répondu, à mon coiffeur, que je n'aimais ni l'insulte, ni la censure. Et Dieudonné, à mon idée, il aime trop l'insulte pour ne pas aimer un peu la censure. S'il n'aimait pas la censure, s'il ne s'en faisait pas l'allié, il passerait moins de temps à insulter l'histoire et le genre humain. Dieudonné, il n'a pas "mal aux autres", comme disait Brel. Le rire qu'il suscite est un rire de magouille, de compromis, de collaboration avec certains bas instincts du genre humain. Et il le sait. Puis il compte les billets. Cela s'appelle du cynisme. Ou de la perversion. Pour mémoire, Dieudonné, qui tient à envoyer du monde dans les chambres à gaz, soutient en même temps les négationnistes. Faudrait savoir !

 

Bon, ça suffit avec Dieudonné !... Je vous avais promis une deuxième bonne nouvelle. Cette bonne nouvelle est la suivante : pendant que Dieudonné fait dans la confusion mentale et dans la rigoureuse gestion financière, un anonyme du bon peuple nous offre sa philosophie gratuitement. Ça se passe dans un bistrot. Notre homme est joyeux. Il prend un temps de silence, puis affirme : "Quand la vie, elle est là, t'as beau dire, t'es pas le plus fort !"

Que notre planète, trop souvent morose, l'entende !

 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que Jean-Jacques est debout.

 

(Chronique primitivement offerte aux auditeurs de l'émission "On est là pour voir le défilé", que je co-anime avec mon ami Pascal Laborie sur Radio G. À écouter sur le site de la radio ou sur le blog oelpvld.unblog.fr)

 

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                                                 (Photo : MB)

Published by Michel Boutet
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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 19:34

L'année 2014 a raté ses débuts : Luc Romann est mort dimanche au cours d'une opération chirurgicale. Nous étions nombreux à avoir chanté une de ces chansons faussement simples dont il avait le secret. Réécoutons "Le voleur" pour vérifier que Monsieur Valls ne fait pas dans le neuf. Puis "La liberté", pour reprendre un peu d'air vif. Et célébrons à nouveau "Le mariage insolite de Marie la Bretonne" et "Le sourire de Jocelyne... Comme bordé d'ailes d'oiseaux".

 


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Published by Michel Boutet
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 10:30

 

DE L’AVANTAGE DES CAMIONS DE POMPIERS, DE L’INCONVÉNIENT DES CAMIONS DE POMPIERS POUR LA CHAUSSETTE, DE LA PROPENSION DE L’ÊTRE HUMAIN À CHOISIR LA MAUVAISE PLACE. GRANDEUR CONCOMITANTE D’ALLAH ET DE JEAN-JACQUES DEBOUT.

 

C’est Noël !

Voilà… J’ai d’abord écrit ça : « C’est Noël », parce que j’ai envie de vous entretenir vraiment de Noël. D’abord, évoquer des souvenirs d’enfance, enfin, de mon enfance. Moi, j’habitais à la campagne. C’est bien, la campagne, surtout à Noël, dans le Bas-Poitou : ça vous tenait éloigné des tentations. Tant pis si ça fait Zola de contrebande, mais j’ai envie de vous raconter qu’on avait droit à une orange, la fameuse orange dans la chaussette, et qu’une année où mon père avait gagné plus d’argent, il m’avait offert un camion de pompiers et que, du coup, particulièrement à cause de la grande échelle, ça avait déformé la chaussette ! Bien sûr, ma mère avait sauté sur l’occasion pour engueuler mon père qui ne faisait décidément rien comme il fallait faire. Vous l’avez déjà compris : Noël, dans le Bas-Poitou, c’était triste comme un bonnet de nuit, ça ne faisait pas sauter en l’air, et le divin enfant n’y pouvait rien !

Il en rajoutait même une couche, le divin enfant, avec cette fameuse « joie » qu’on annonçait comme une bonne fortune mais qui ressemblait à une punition, surtout si j’en jugeais par la mine renfrognée des bigotes de ma paroisse. C’est ça qui est bien avec les bigotes, c’est qu’elles font généralement une publicité tout à fait contreproductive aux religions dont elles se réclament.

 

Remarquez, si on va sur ce terrain, on verra vite que Ribéry porte souvent préjudice au football, au moins quand il en parle, que Nadine Morano est un agent double dont la mission consiste visiblement à torpiller l’UMP, et que François Hollande, quand il défend François Hollande, prouve tous les jours qu’il n’aime pas démesurément François Hollande !

Et, si on creuse un peu plus, dans un sujet qui nous intéresse ici, on pourra établir une belle liste de chanteurs qui, audiblement, ont un compte à régler avec la chanson. Sinon, comment expliquer certaines attaques à peine voilées contre ce noble artisanat ? Comment expliquer ces niaiseries qu’on nous sert à l’heure de l’été ? Pour écrire, à peu près, « Le soleil dans les yeux et le nez dans le sable », il faut abhorrer la chanson autant que le genre humain ? Non ?… Et puis comment comprendre ces râperies qui râpent et dérapent et finissent leur course dans un verbiage pseudo-moralisateur ou, pire, pseudo-provocateur ? Enfin, comment concevoir l’existence d’une Chantal Goya et de quelques autres qui s’en prennent aux enfants en même temps qu’à la chanson, sans que l’Unicef ne dise rien, d’ailleurs ?

 

De mon bistrotier, qui n’aime pas servir à boire, à ma guichetière de la Sécu, qui déteste donner des renseignements fiables, en passant par Benjamin Biolay qui fait tellement la gueule quand il chante qu’on voit bien que lui non plus n’aime pas s’entendre, ils sont nombreux tous ces gens qui sont à une place qu’ils n’apprécient pas mais qu’ils veulent garder à tout prix ! Il n’y aurait d’ailleurs là rien de fâcheux si ces gens portaient leur croix sans infliger aux autres d’en porter un morceau !…

Tiens, ça nous ramène au divin enfant !… Et à mon orange. Et à mon camion de pompiers. Moi, je l’aimais bien mon camion de pompiers. Et j’aimais bien mon papa. Du coup, j’aimais pas qu’on l’engueule, surtout à Noël. C’est sans doute parce que je me suis toujours rappelé de ce beau cadeau-là que je n’ai jamais eu trop besoin d’en vouloir aux autres des petites misères que je m’infligeais tout seul !

Alors, pour Noël, n’hésitez pas à offrir un camion de pompiers à vos enfants. Et tant pis pour la chaussette !

Allez, bonnes fêtes !

Et n’oubliez pas que c’est ainsi qu’Allah est grand et que Jean-Jacques est debout !

 

(Chronique écrite pour l'émission "On est là pour voir le défilé" du 11 décembre 2013, RadioG.

À écouter sur le blog : oelpvld.unblog.fr)


 

PYR001.jpg C'est Noël... Quelque part au-dessus de Payolle...

Published by Michel Boutet
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