* GRAÎNES D'AUTOMNE. C'était vendredi, le GAEC des Charmilles,
Abbaretz (prononcer "Abbaré"), dans un carré de Loire-Atlantique où une association atypique (pas de
hiérarchie : cinq co-présidents ! C'est légal, même si ça n'arrange pas automatiquement la préfecture) refuse la fatalité de l'inculture. Douze ans qu'ils organisent des spectacles dans les
salles du canton, dans les granges, sur les places . La ferme de Jean-François date... de longtemps. Soixante-dix personnes se serrent dans une pièce amoureusement rénovée par les propriétaires.
Rémi (un des cinq) a préparé les lieux avec le fiston
Pierre. L'amitié est comprise avec l'accueil.
Delphine est égale à elle-même, sobre et magnifique. Son violon caresse l'assemblée qui a le bon goût de ne pas s'en plaindre. Je chante en confiance.
Valérie,
co-présidente : "Vous jouez vraiment ensemble." Nous acceptons le compliment avec gourmandise.
Paul, agriculteur à la retraite : "J'allais jamais au spectacle. Pis ces gars-là m'ont
invité. Maintenant je vois tout. Cette semaine, j'ai pas eu un soir de libre !... Merci pour tes chansons, ça raconte des vraies choses." Et voilà comment une équipe de co-présidents bousculent
les saisons et récoltent à l'automne.
* CHORUS (suite). Une émission spéciale sur Europe 1, avec des témoignages, encouragements, coups de gueule de
Jean-Jacques GOLDMANN,
Charles AZNAVOUR,
Michel
JONASZ,
Alain SOUCHON, pour la partie visible de l'iceberg. Et beaucoup d'artistes moins connus dans les couloirs de la station qui auraient aimé dire ce qu'ils devaient à
Fred et
Mauricette HIDALGO.
Pour la suite, on reste dans l'inconnu. Je suis allé me renseigner auprès de Millénaire Presse et de
Nicolas MARC, que j'avais cité et sans doute un peu égratigné sur un blog ou un autre.
Il le savait, ce qui prouve qu'il tient les comptes à jour, mais il m'a répondu au téléphone, ce dont je le remercie encore ici. Résumons-nous : d'après lui,
CHORUS n'était pas viable et
ses responsables le savaient (fragilité au moment du rachat, crise de la publicité, trop peu d'abonnés, etc...).
Tout cela est probablement à prendre en considération. Il reste que la méthode, ressentie comme expéditive, employée par le racheteur pour liquider l'affaire a provoqué plus que du désarroi chez
les rédacteurs. Il reste que les abonnés, s'ils ont reçu un courrier de
Fred et Mauricette HIDALGO et de la rédaction de
CHORUS, n'ont toujours rien reçu du propriétaire du journal.
Il reste qu'on peut s'étonner que le propriétaire n'ait pas tenu informés les lecteurs de la situation de leur journal, lecteurs dont on savait par expérience qu'ils avaient une capacité certaine
à se mobiliser. Il reste que, si beaucoup de choses nous échappe, on peut cependant s'interroger, sans insulter personne, sur les vertus et limites des hommes providentiels, aussi sincères
qu'aient été leurs intentions. Il reste que la prochaine fois qu'un
Pierre DELORME ou un
Jean-Michel PITON vont faire un disque, ce sera un peu plus difficile de le savoir.
P.S. Pour aller au bout de ma pensée, je connais aussi des chanteurs, non smicards, qui, râlant aujourd'hui à l'occasion de la disparition de
CHORUS, n'avait jamais jugé utile de s'y
abonner.
* Paul MESLET chante "Les jours qui tanguent" et ça fait un disque tout neuf !
Avec dix textes de
Paul, deux d'
Allain LEPREST, des musiques de
Gérard PIERRON, d'
Olivier MORET et
Paul himself. Un disque sobre (une mention spéciale à la
direction musicale d'Olivier MORET), chaleureux, artistiquement mis en digipack par
Emmnuel MESLET, musicalement servi par
Nathalie MIRAVETTE,
Tony BAKER,
Pierrick
HARDY,
Francis JAUVAIN et...
Olivier MORET (déjà cité !). Ma chanson préférée (Paulo, ça veut pas dire que j'aime pas les autres !) :
"Bagages". Du
Paul MESLET pur
sucré-poivré, pas si simple.
On peut se procurer ce bel ouvrage en écrivant à
chantdeshommes@orange.fr ou en téléphonant au 02 41 39 56 04.
* Monsieur JONASZ Michel, joue à Paris, au Petit Montparnasse,
"ABRAHAM" , une pièce dont il est l'auteur. Il y raconte l'histoire de son
grand-père, kantor à la synagogue, déporté et mort à Auschwitz. Pas de pathos inutile, de la musique tzigane bouleversée, une belle sobriété et beaucoup d'humour.
Michel JONASZ est aussi
un très bon comédien ! Si vous passez par là...
* L'ami DELAHAYE a ouvert son blog !... Gérard, c'est un témoin, un homme qui chante, qui écrit, qui fréquente les livres, les hommes et leur musique. Plus de quarante ans qu'il
chemine en chansons. Si vous voulez prolonger le plaisir : gerarddelahaye.over-blog.com (Son dernier article renvoie une BMW arrogante à la casse).
* L'INSULTE. En permanence, sur nos écrans. Ils sont ministres, portes-parole, dévôts à la cause de leur voracité. Ils
font mine de justifier l'injustifiable. Ce sont des haineux en costume de gens convenables. Ce sont des prédateurs, les rois de l'insulte. Au coin de leur bouche, un rictus qui dénonce leur
suffisance et leur arrogance. Ils ne regardent au fond des yeux que les objectifs froids des caméras. Ils font de notre pays une république bananière
(lire le numéro 990 de Courrier
International). Ils sont les valets du prince, le prince est le valet de la finance. Et nous devrions nous taire ? Le grondement les a fait reculer un peu jusque derrière les murs de
Neuilly. Mais ils reviendront à la charge. Ces gens-là n'aiment rien qu'eux-mêmes. Monstrueusement.
* Pour finir. Félix
LECLERC écrivait :
"Assez de chialage ! On va arrêter de se fier à tout le monde. On va se cracher dans les mains. Au fond, la vie, c'est peut-être ça : se
cracher dans les mains."
A quoi le merveilleux
Alexandre VIALATTE répondait, dans sa chronique de La Montagne du 7 septembre 1965 (deux tomes dans la Collection Bouquins) :
"La vie vaut d'être vécue. Ne
serait-ce que par curiosité."